Rats et souris

Des furets contre les rats à Marseille : une méthode venue de l'Antiquité

Des furets contre les rats à Marseille : une méthode venue de l'Antiquité

Deux fois par an, la Ville de Marseille confie une partie de sa dératisation à des furets. Une technique vieille de deux mille ans, remise au goût du jour dans les parcs et jardins de la ville.

Le 13 octobre 2026, une dizaine de furets ont été lâchés dans les terriers du square Mélizan, dans le 8e arrondissement. En une heure et demie, huit rats ont été capturés. C'était le deuxième passage de l'année sur ce site, après une première opération à la mi-février.

Derrière cette scène insolite, il y a une méthode éprouvée, une longue histoire et une vraie question : quelle place pour les méthodes dites « douces » dans la lutte contre les rongeurs ?

Comment fonctionne le furetage

Le principe est simple : le furet ne sert pas à tuer, il sert à déloger. Grâce à son odorat, il repère les rats dans leurs galeries. Son corps long et souple lui permet de s'y glisser là où ni l'homme ni le chien ne passent.

Avant l'intervention, les sorties du terrier sont repérées et couvertes de filets. Le furet est introduit, le rat fuit vers la surface et se retrouve pris dans le filet. Il est ensuite placé dans une caisse individuelle. Un intervenant reste en retrait avec une épuisette pour rattraper les fuyards.

Le choix du furet compte aussi : les femelles, plus fines, sont réservées aux galeries étroites, les mâles, plus massifs, aux terriers plus larges. Selon la configuration, une intervention dure de quelques minutes à deux heures.

Une technique vieille de deux mille ans

Le furet est la forme domestique du putois d'Europe, un petit carnivore de la famille des mustélidés. Son nom viendrait du latin fur, le voleur. Linné l'a classé en 1758 sous le nom de Mustela furo.

Dans l'Antiquité, aux Baléares. Le géographe grec Strabon, contemporain d'Auguste, décrit déjà la méthode. Les lapins pullulaient alors dans les îles Baléares, au point que leurs habitants auraient demandé l'aide de Rome. On y faisait venir des furets d'Afrique du Nord : ils entraient dans les terriers, les lapins fuyaient, et des hommes postés aux sorties les attrapaient. C'est exactement le dispositif utilisé aujourd'hui à Marseille.

Au Moyen Âge, dans toute l'Europe. La chasse au lapin au furet se répand partout. Des enluminures du début du XIVe siècle montrent déjà des chasseuses lâchant leurs furets dans les terriers. Au fil des siècles, on sélectionne des animaux qui poursuivent et effraient la proie plutôt que de la tuer.

Au XIXe siècle, dans les égouts de Londres. La ville victorienne est envahie de rats et le métier de ratier y est recherché. Le plus célèbre, Jack Black, se présentait comme le ratier de la reine Victoria. Ses furets flairaient les rongeurs dans les caves et les égouts, et ses chiens retrouvaient les furets égarés. Son témoignage a été recueilli par le journaliste Henry Mayhew dans sa grande enquête sur les petits métiers londoniens.

À Marseille : de l'expérimentation au marché public

La Ville a testé le furetage pour la première fois fin 2022, puis l'a déployé en conditions réelles en 2024, pour un coût d'environ 10 000 euros. Depuis, deux opérations sont menées chaque année dans les parcs et jardins. Selon l'adjoint municipal à la santé, environ 80 rats ont été capturés depuis 2024.

La méthode a désormais sa place dans les marchés de la commune. Le marché de lutte contre les nuisibles attribué fin 2025, pour quatre ans, comporte un lot dédié à la « dératisation écologique par prédation ». Il a été confié à une fauconnerie spécialisée de la Drôme.

Le dispositif a aussi un volet scientifique. Les rats capturés sont confiés à l'IHU Méditerranée Infection, qui étudie notamment la leptospirose. Cette maladie bactérienne se transmet à l'homme par contact avec l'urine de rat, et elle est aujourd'hui à déclaration obligatoire en France.

Une méthode utile, mais pas une solution à elle seule

La municipalité estime la population de rats à environ 1,5 million, soit près d'un rat et demi par habitant. Face à ce chiffre, les captures au furet restent modestes, et la Ville le dit elle-même : la méthode complète les autres moyens de lutte, elle ne les remplace pas.

Son intérêt est ailleurs. Dans un square fréquenté par des enfants et des animaux, elle permet d'agir sans biocides. Elle s'inscrit dans une tendance de fond : les rodenticides anticoagulants sont strictement encadrés par la réglementation européenne sur les biocides, qui pousse à les réserver aux situations qui l'exigent.

Dans un immeuble, une cave, un local poubelles ou une cuisine professionnelle, le furet n'est pas l'outil adapté. Une dératisation durable repose sur la même logique que celle de Marseille, en plusieurs étapes :

  1. Un diagnostic : repérer les points d'entrée, les sources de nourriture et les zones de passage.

  2. Des mesures physiques : obstruer les accès, corriger les défauts d'hygiène.

  3. Un traitement raisonné : postes d'appâtage sécurisés ou piégeage, selon le site.

  4. Un suivi documenté : passages de contrôle et rapport d'intervention.

Vous constatez des traces de passage, des déjections ou des bruits dans les murs ? Vigie Hygiène intervient à Marseille et dans le Sud-Ouest pour un diagnostic sur place.

Intervention réalisée par un technicien certifié Certibiocide.

Un problème similaire ? Devis gratuit sous 24 h

Nos secteurs d’intervention

Vigie Hygiène intervient dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et en Corse.

Sud-Est : Marseille 1er, Marseille 2e, Marseille 3e, Marseille 4e, Marseille 5e, Marseille 6e, Marseille 7e, Marseille 8e, Marseille 9e, Marseille 10e, Marseille 11e, Marseille 12e, Marseille 13e, Marseille 14e, Marseille 15e, Marseille 16e, Aix-en-Provence, Allauch, Antibes, Aubagne, Bandol, Bouc-Bel-Air, Cannes, Carry-le-Rouet, Cassis, Ensuès-la-Redonne, Fos-sur-Mer, Fréjus, Gardanne, Hyères, Istres, La Ciotat, La Seyne-sur-Mer, Les Pennes-Mirabeau, Marignane, Martigues, Monaco, Nice, Plan-de-Campagne, Saint-Tropez, Salon-de-Provence, Sausset-les-Pins, Vitrolles.

Sud-Ouest : Aire-sur-l’Adour, Anglet, Bayonne, Biarritz, Bidart, Biscarrosse, Bordeaux, Capbreton, Cap-Ferret, Dax, Espelette, Gourette, Hendaye, Hossegor, Lourdes, Mimizan, Mont-de-Marsan, Oloron-Sainte-Marie, Orthez, Pau, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Jean-Pied-de-Port, Salies-de-Béarn, Seignosse, Soustons, Tarbes, Toulouse, Ustaritz, Vieux-Boucau-les-Bains.

Corse : Ajaccio, Bastia, Bonifacio, Borgo, Calenzana, Calvi, Corte, L’Île-Rousse, Piana, Porto-Vecchio, Propriano, Zonza.

06 66 69 16 11